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Exposition virtuelle : le tournant visuel du droit (Visual Turn of Law)

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Le tournant visuel du droit

Nous sommes assaillis par un déluge d’images sur nos écrans et dans nos rues. Toutes n’ont pas de sens, toutes ne nous touchent pas. On sait avec Roland Barthes (in La Chambre claire, Gallimard, 1980), qu’une image comporte un studium (une information) et peut comporter un punctum (un détail qui déclenche une émotion). Le droit a toujours utilisé les images pour être diffusé notamment dans le décorum des tribunaux (voir par ex. la grand’chambre de la Cour de cassation) et dans les traités. Or, les aspects symboliques des images du droit (de la loi, de la justice, etc. v. C. Douzinas and L. Nead (eds.), Law and the Image: The Authority of Art and the Aesthetics of Law(1999) ; P. Goodrich, Legal Emblems and the Art of Law: Obiter Depicta as the Vision of Governance. Cambridge University Press; 2013 ; D. Manderson (ed.), Law and the Visual : Representations, Technologies, Critique, University of Toronto Press, 2018) paraissent désuets au regard de tous ces signaux que l’on rencontre par dizaines et milliers sans les voir dans les rues (pictogrammes) et sur les écrans (émoticônes ; symbole-signal d’enregistrement, de wifi, etc.).

On peut avoir une approche plus sociologique du droit et des images : le droit dans la BD, dans la peinture, dans la sculpture (Linda Mulcahy, « Eyes of the Law: A Visual Turn in Socio-Legal Studies? » Journal of Law and Society, Vol. 44, Issue S1, oct. 2017) et dans le cinéma (v. dossier spécial Droit et spectacle, Revue juridique de La Sorbonne, n°8 2023 https://irjs.pantheonsorbonne.fr/revue-juridique-sorbonne-ndeg8). 

Le droit peut aussi être créatif avec les images. On peut jouer avec les pictogrammes en se donnant des contraintes (du complément, de la réversibilité, v. expo virtuelle), les étudier : il y a le système plutôt eurasiatique de la signalisation routière (Conv. de Vienne du 8 nov. 1968 signée par 84 pays dont l’Europe, des pays d’Afrique francophones, la Russie, le Proche-Orient, l’Inde, l’Amérique du Sud en partie) et le système américain (Manual on Uniform Traffic Control Devices (MUTCD), 1935, panneaux de couleurs jaune et orange) qui a inspiré plutôt les pays anglo-saxons (Irlande, Australie, Nouvelle-Zélande où on roule à gauche mais aussi Japon, Indonésie ; ces pays font tous une transition vers le système métrique mais peuvent garder les miles) mais aussi des particularités par pays : « attention un tracteur » n’est jamais représenté de la même manière  ; par exemple en Australie (gros engin) et en France (agriculture peut-être un peu vieillotte) :undefined

Panneau de circulation signalant un accès interdit aux véhicules agricoles

Le panneau « attention travaux«  (cliquer pour voir) est tourné différemment selon que l’on est en Angleterre, en France ou en Suisse (J-P Gridel, Le signe et le droit : les bornes, les uniformes, la signalisation routière et autres, Préf. J. Carbonnier, Paris : Librairie générale de droit et de jurisprudence; 1979). On peut aussi mettre en image abstraite des principes juridiques pour essayer de mieux les comprendre (v. le travail de Dilara Dadbin v. un exemple dans l’expo virtuelle) ; remplacer la pyramide des normes par un escargot (V. travail de C. Huang dans l’expo virtuelle) ou des émoticônes ; faire des déambulations juridiques au sein d’un QR code ou dans les villes pour chercher ces normes visuelles (expérience menée à Aix-en-Provence, Poitiers, Genève, Paris, Montreal) voire exceptionnellement remplacer pour quelques minutes une pancarte par une autre. On peut aussi envisager de représenter autrement les summa divisio du droit par une nouvelle carte du droit (atelier de Monte Verita) avec une contrainte mathématique ou rechercher l’image du droit ou de la justice. C’est tout ce que nous essayons de montrer dans cette exposition virtuelle de l’Oudropo,, avec des renvois à quelques-uns de nos ateliers (Goutelas par ex.) voir à une video de présentation. L’oudropo,, joue beaucoup sur les textes et la plupart des contraintes sont textuelles mais la place de l’image et du corps n’a cessé d’augmenter depuis nos débuts en 2013. D’ailleurs la graveuse Marie-Christine Beurven a créé un livre d’artistes comprenant des scopuluches (peluchage et moulinage de textes juridiques) et des gravures inspirées par ces textes. Y a-t-il vraiment un tournant visuel du droit ? Quel serait son sens ? Quelles conséquences cela pourrait avoir sur le droit ? Peut-on envisager un droit comprenant autant de textes que d’images ? Est-ce que cela veut dire que les émotions seraient davantage visées par les normes que la faculté de raison ? L’image peut en effet être l’objet d’émotions notamment lorsqu’il y a un punctum. Des recherches supplémentaires seraient bienvenues.

Camille Porodou (en recherche)



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