Les quiproquos du Cabazor.

   Jean Houget.

Rodropo,, de l’été

voir Prologue O ; chapitre 1chapitre 2 ;  4 ;  5 ;6

« Quand je mange un légume, j’ai besoin qu’il provienne d’une chaîne d’amour ». Anonyme.

 

Chapitre 7.- Époque actuelle.

– C’est bullshit, si tu veux mon avis, lui dit d’emblée Nabila.

– Ah bon ! pourquoi ? lui redemande Philippe.

– Tu sais l’action de groupe en matière d’environnement n’existe que depuis peu de temps en droit français.

– Non je ne sais pas, c’est quoi cette action de groupe ?

– Cela veut dire qu’une association peut agir à la place de milliers de victimes d’un dommage à l’environnement contre l’auteur de ce dommage.

– C’est quoi l’intérêt ?

– Au lieu d’avoir à faire autant d’actions individuelles qu’il y a de victimes, il n’y a qu’une grosse action, qu’une recherche de preuve, qu’une association de défense, qu’un avocat, çà coûte moins cher pour les victimes et elles sont plus fortes en groupe.

– Çà a l’air bien dangereux pour les entreprises, pourquoi tu dis que c’est bullshit dans ce dossier ?

– La loi ne s’applique qu’aux affaires nées après son entrée en vigueur, pas aux vieilles affaires, or ici la plupart des victimes sont malades depuis longtemps. Elles ont du absorber de l’Oudrozine – si tant est que le produit est vraiment dangereux – dans leur jeunesse.

– Donc l’action de groupe ne s’applique que pour les nouveaux cas déclarés depuis la loi, c’est bien çà ?

– Et encore on pourrait dire que ces personnes ont absorbé de l’Oudrozine bien avant.

– Mais c’est dur à prouver.

– Oui mais je pense que ce sera à la partie adverse de le prouver.

– Donc ?

– Il ne faut pas s’affoler, Saint M’Hervé a confié l’affaire à un gros cabinet anglais, Robbs and Hume, et je pense qu’ils vont rapidement prendre la mesure de cette action. Nous, pour la partie fiscalité et comptabilité, nous n’aurons qu’à suivre le mouvement.

– OK oui ! approuve Philippe, s’il n’y a pas de risque je ne vois pas l’intérêt de provisionner.

– De toute façon provisionner c’est jamais que des pertes de revenus anticipées et permettant de payer un peu moins d’impôt pendant une certaine période.

– Ok, donc on se voit tout à l’heure au siège de Saint M’Hervé, j’attendrai à l’accueil à moins 5.

– Çà marche, see you.

Bon ! çà n’était que cela. Il n’y avait pas de quoi s’affoler. Philippe décide en sortant de la cafèt’ de retourner à la librairie emprunter le livre du père Verkynden que lui avait conseillé Claude, la chercheuse en théologie. Avec elle, il a l’impression que le Cabazor s’est dissout dans l’histoire, comme s’il n’avait jamais existé, qu’il est là encore incompréhensible ou devenue incompréhensible. Sa grand-mère a pu le mettre en contact avec quelque chose sans savoir elle-même quoi.

 

Voir chapitre 8, chapitre 9.

OUDROZINE

OUDROZINE