Le Cabazor ou la grande Inversion.

    Léo Manougier.

Rodropo,, de l’été et de l’automne 2017.

voir Prologue O ; chapitre 1chapitre 2 ;  4 ;  5 ;6

« Quand je mange un légume, j’ai besoin qu’il provienne d’une chaîne d’amour ». Anonyme.

 

Chapitre 7.- Époque actuelle.

Philippe trouve une table tranquille et se plonge aussitôt dans son portable. Il ouvre le fichier que lui a envoyé le bras droit de Jacques de Saint M’Hervé. Il y a trois documents : un mémo résumant l’affaire, la mise en demeure de l’Association de Défense des Victimes des Produits Chimiques non Médicamenteux (l’ADVPCM) et une étude épidémiologique.

Il commence par ouvrir le mémo. L’ADVPCM leur a envoyé une mise en demeure de dédommager environ 700000 victimes, malades actuellement, et 1500000 victimes potentiellement porteuses de la maladie sans l’avoir encore déclarée. Philippe réalise aussitôt que la Famille de Saint M’Hervé peut subir un discrédit public terrible avec cette affaire et, plus grave, elle risque d’en sortir ruinée.

L’affaire porte sur le composant d’un pesticide que cette entreprise commercialise depuis les années 1990. Une étude bulgare prétend avoir démontré que l’Oudrozine, le composant incriminé, est à l’origine de la forme la plus répandue de maladie d’Alzheimer. Philippe est troublé par la coïncidence de ce sujet professionnel avec son obsession personnelle du moment. Le mémo précise aussitôt : on pourrait se rassurer en se disant que les victimes potentielles ne sont pas en état de se défendre et souvent en fin de vie ; néanmoins, il apparaît que les enfants de ces malades sont susceptibles d’engager cette action de groupe qui pourrait rapporter d’importantes indemnités. D’autant plus qu’il apparaît, selon l’étude bulgare, que l’Oudrozine produit des effets sur plusieurs générations. La maladie se transmettrait par les gènes qui auraient été modifiés par l’Oudrozine. Cette molécule employée en petite dose dans le pesticide en question est issue du gaz moutarde qui a été utilisé pendant la guerre 14-18. Philippe se dit que c’est typiquement une situation qui pourrait leur faire perdre un de leur meilleur client s’ils ne parvenaient pas rapidement à lui apporter des solutions rassurantes. Il se sent d’autant plus concerné qu’à la longue Jacques de Saint M’Hervé est quasiment devenu un ami. Il en conclut qu’il faut qu’il débriefe d’urgence le sujet avec Nabila, sa partenaire layweure. Il se demande s’il a le temps de l’appeler quand la chercheuse en théologie entre dans la cafèt’.

 

Voir chapitre 8, chapitre 9.

OUDROZINE

OUDROZINE